C'était il n'y a pas si longtemps.


C'était le temps d'une autre année, le temps des néons allumés, le temps des témoins des colombes, le temps de la vitesse et de l'ombre, le temps des lettres jetées au feu, le temps où on était heureux... C'était le temps des bords de mer ; le temps des Gainsbourg, des Prévert. Je revois tes cheveux défaits, dans la chambre d'hôtel tu jouais, et moi sur la banquette arrière je voyais le monde à l'envers... Vive le vent de l'hiver et la chanson de Prévert, continue sa route à l'envers, je ne suis pas chrétien mais de tout je me souviens. Vive le vent de l'hiver et tout retourne la terre. Les loups sont à la porte, un dernier coup d'½il en arrière dans le rétroviseur. C'était le temps de Lily Brik, le temps du soleil tatoué. C'était le temps des avalanches, le temps des verres bus et cassés. Ma vie brûlait comme la place rouge quand la nuit finissait sa course... C'était le temps des accords majeurs où tout était illuminé et j'entends battre ton c½ur, doucement doucement. Je ne suis pas soigné. C'était le temps de la Cantate, le temps où tu la jouais pour moi...Vive le vent de l'hiver et la chanson de Prévert, continue sa route à l'envers. Je ne suis pas chrétien, mais de tout je me souviens. Vive le vent de l'hiver et tout retourne à la terre. Les loups sont à ma porte, un dernier coup d'½il en arrière dans le rétroviseur.
Sur les routes pavées, nuit d'hiver j'étais...

C'était il n'y a pas si longtemps.

# Enviado el miércoles 14 de enero de 2009 11:21

Modificado el martes 27 de octubre de 2009 06:31

Certes je suis très en retard. Le dernier chapitre est en cours.




Et puis il y a ce mal de tête infernal, celui qui te vrille le cerveau, tu n'écoutes plus depuis longtemps déjà, ta vue vacille et tes jolis yeux se ferment. Petite conne va. Petite conne sans insouciance. Bien sûr il y a la jouissance du n'importe quoi, le plaisir futile de ta liberté de bourgeoisie prétentieuse. Souris, on te pardonnera forcément. Moi pas. Éteins cette cigarette et écoute, c'est que j'en ai des choses à te raconter, je veux t'en foutre plein la vue mais ne veux rien te prouver, je veux t'effrayer, je veux que tu saisisses le bon du mauvais, j'veux qu'tu réagisses ma chérie, cesse ton cinéma, je ne suis pas de ceux là. Je ne sais pas non plus ce que je veux ni qui je suis, encore moins ce que je deviendrai, mais ça n'est pas de moi dont on parle, alors tais-toi et écoute pour de vrai. Bien sûr tu aimes la facilité. Tu cèdes beaucoup de choses, trop à mon goût, tu voyages, tu sors, tu as des tas de connaissances et l'on t'aime. C'est là que je veux en venir. Jette ce paquet de clopes par dessus le balcon de ton hôtel particulier et cesse tes manières de salle gosse. Si tu m'as fait venir ici, c'est bien pour que je te parle, rappelle toi, tu as fondu en larmes dans mes bras tout à l'heure et m'a supplié de t'aider, tu vois, c'est exactement ce que je fais en ce moment même. Regarde moi et écoute trésor. Personne ne viendra à ton aide ce soir, comme tous les autres soirs de ta putain de vie. J'veux que tu arrêtes de tout repousser sans cesse et de te voiler la face, ton monde, c'est pas celui de dehors, tu t'enfermes et tourne en rond, alors forcément tu t'ennuies et fais des conneries. Mais ma pauvre, regarde les, tes conneries ; elles ne te paraissent pas dénuées de vérité vraie, de réalisme et de bon sens ? Si si je t'assure, ça existe les conneries qui on du bon sens. Mais elles n'arrivent qu'à une certaine catégorie de personne, et tu n'en fais pas partie. Arrête de faire l'enfant martyr. La fille qui a la vie gâchée et qui jamais, au grand jamais, ne trouvera sa voie et tout le reste. Toi t'es pas comme les autres, tu saisis ? J'veux pas que tu continues comme ça. J'te l'interdis même. Alors fugue d'ici et pars. Où, ça je ne sais pas , mais faut que tu te secoues. Là regarde, vois comme tu es déjà plus intéressante : tu m'écoutes et réfléchis par toi même. Il n'y a que lorsque tu agiras de cette manière que l'on t'aimera. Moi, je l'ai compris depuis longtemps. J'te laisse du temps mais pas beaucoup gamine ; toi t'es différente.



# Enviado el lunes 10 de agosto de 2009 07:59

Modificado el domingo 27 de septiembre de 2009 04:59

S-Bahn in Berlin

S-Bahn in Berlin
Les choses changent.
Les gens partent.
Moi, je reste.

# Enviado el miércoles 20 de mayo de 2009 17:42

Modificado el martes 17 de noviembre de 2009 13:16

1er chapitre

- Cachez moi donc ce sein que je ne saurai voir !

Les heures passaient si lentement qu'on aurait juré que le temps s'était arrêté. Assis comme à mon habitude par terre près de la porte, les genoux ramenés contre mon torse, je me demandai comment ce cher monsieur Roustophe continuait d'enseigner le théâtre lorsque l'on a pour seuls élèves des adolescents sans don aucun et qui se rendent ici pour fuir leur ennui quotidien.

- Cachez moi donc ce sein que je ne saurai voir !

Deuxième fois en l'espace de trente secondes. Monsieur Roustophe est au dessus des limites du temps.

- Si l'envie ne vous en dit pas, détournez donc le regard, lança la jeune fille qui lui rendait la réplique.

Monsieur Roustophe eut son premier sourire depuis le début du cours. Forcément. La jeune fille qui lui tenait tête n'était autre que Lola, la seule qui ai vraiment sa place dans cette heure de théâtre.

- Bien mademoiselle Syphré, bien.

Et, détournant soudainement la tête, nous dévisageant de son air si fier et hautain, comme à chaque fois que Lola sortait une bonne réplique, là, avec son regard de vieil homme qui a trouvé la perle rare, il nous lança :

- Prenez en de la graine, jeunes gens. Regardez la ! Ecoutez là parler ! N'est-elle pas merveilleuse ? N'est-elle pas unique ? Car c'est cela, le théâtre. L'exception. Faîtes vous donc remarquer, osez, bon sang ! Ici la critique est autre chose, c'est en se démarquant du groupe que vous y arriverez !

Devant mes chers camarades à moitié endormis, l'½il vitreux et la paupière lourde, il baissa la tête en poussant un long soupir.

- Monsieur Maltose, en piste. Vous êtes le seul encore éveillé, et il faut bien que quelqu'un d'autre que moi donne la réplique à mademoiselle Syphré.

Il s'assit sur son tabouret de bois et attendit.
Je me levai, réajustai ma chemise et mon jean, et me plantai devant Lola. Elle dissimulait non sans mal son sourire, comme presque toujours lorsque je lui donne la réplique. Car, sachez le et retenez le, je déteste le théâtre et joue lamentablement. Voilà, c'est dit.

- Cachez moi donc ce sein que je ne saurai voir !

Je l'avais dit avec le même ton que notre cher monsieur Roustophe, car lorsque le théâtre est pour vous de la science fiction, on copie les autres et imite son prof. Je ne faisais pas dans l'originalité, je sais.

- Si l'envie ne vous en dit pas, détournez donc le regard.
- Mes yeux choisissent ce qu'ils trouvent le plus agréable à regarder.
- Pourquoi donc m'interpeller ?
- Par devoir. Par habitude.
- Ça n'est pas une réponse.

Lola, Lola... tu sais bien que je suis au bout de mes limites. Je n'ai jamais appris mon texte, l'improvisation n'est pas mon fort, et toi, toi avec ton talent inouï pour jouer la comédie, avec ton regard espiègle et ton sourire malicieux, tu prends plaisir à me voir ainsi, totalement désemparé et ne sachant que dire.
Idiot, je me sentais.

- Ça n'est pas une réponse, très cher, reprit-elle de plus belle. Etes-vous donc si triste que vous le laissez paraître ? La vie n'a donc pour vous aucun plaisir, aucun caprice ? Alors, vous me décevez.

Et elle tourna les talons, me laissant seul au milieu de la salle, époustouflé, comme d'habitude, devant sa facilité à retenir l'attention et m'attribuer le mauvais rôle.

- Parfait mademoiselle Syphré. Quand à vous, monsieur Maltose...

Son regard se planta dans le mien. J'avais du mal à dissimuler mon rire. Si seulement il savait ce que je pensai réellement du théâtre...

- ... égal à vous même, Maltose.

Je pris cela comme un compliment.

- Fini pour aujourd'hui. Je vous remercie, à la semaine prochaine.


La salle se vida étrangement vite, mes camarades ayant soudain retrouvé leur vivacité d'adolescents, et ce cher professeur attendit que Lola et moi sortions de la salle pour la fermer à clé et nous dire au revoir.
Une fois qu'il se fût éloigné, je remontai la fermeture éclair de mon blouson de cuir, Lola sortit son paquet de cigarettes, s'en alluma une, et nous avançâmes silencieusement dans la rue.

- C'est gentil de venir avec moi au cours de théâtre, Ugo, finit-elle par dire.
- Je n'ai pas vraiment eu le choix.
- Vrai. Mais je tenais quand même à te remercier.


Je levai les yeux au ciel. La pluie ne tardera pas à tomber.

- Lola, tu voudrais pas te trouver un autre prof que ce vieux Roustophe ?
- Moi je le trouve très bien. Et puis c'est moi la future actrice, pas toi, dit-elle en soufflant un nuage de fumée.


Je ne dis rien. Cette réplique était signe que la discussion était close.

# Enviado el miércoles 11 de junio de 2008 13:08

Modificado el miércoles 08 de julio de 2009 06:41

2e chapitre

2e chapitre
(photo, Ugo)

Je ne me rappelle plus très bien ce qui s'est passé ce soir là. Je me rappelle seulement avoir raccompagné Lola chez elle, que finalement, non, elle ne voulait pas rentrer chez elle, elle voulait plutôt faire la fête.
Alors elle a appelé tous les gens qu'elle connaissait , ils sont tous arrivés quelques minutes plus tard, et là, subitement, après cela, je ne me souviens absolument pas ce qui s'est passé.
Le trou noir.

Enfin, le trou noir... pas si noir que ça, en fin de compte. D'ailleurs, il commence légèrement à virer au gris. Je n'ai pas fait la fête ce soir là. Comme tous les autres soirs, d'ailleurs.

- Allez Ugo, viens ! Pour une fois, ne joue pas ton solitaire et sort t'amuser un peu.
- Non.
- Ce que tu peux être lourd alors. Tu vas finir vieux jeu...
- Si tu le dis.


Lola roula des yeux, totalement exaspérée.

- Parfois je me demande comment avons nous fait pour devenir amis.
- Parce-que je suis tout ton contraire.
- ... et les contraires s'attirent, c'est bien connu.


Silence. Elle me regarda droit dans les yeux et sourit.

- Tu es tellement différent des autres aussi. Mais si je n'étais pas là, tu ne sortirai jamais. Tu devrais me remercier !
- Et toi aller t'occuper de tes invités.
- Oh, ne sois pas rabat-joie, dit-elle en riant.

Elle s'alluma une autre cigarette et repartit dans son appartement.
Je descendis la volée de marche pour me retrouver dans la rue éclairée d'un néon de lampadaire. J'adorai Montmartre la nuit. De plus, l'hiver, les rues étaient désertes, et je pouvais déambuler des heures ainsi, admirant Paris la nuit et prenant des photos.
Si Lola était une passionnée de cinéma, je ne m'étais jamais vraiment trouvé de véritable passion.
Cela vaquait de période en période ; la photo, l'art, la poésie, la musique... Sur ce dernier point, toutefois, elle et moi étions d'un commun d'accord, la musique, et plus particulièrement le rock, faisait parti de notre quotidien.
Puisque nous habitions tous les deux à Montmartre, nous n'étions pas loin de la salle La Cigale et des magasins de musique. Ainsi, les concerts et les après-midi passées dans ces lieux à écouter le son d'une génération était notre échappatoire.

Une légère neige commença à tomber, ce qui m'offrait des images intéressantes. Le silence régnait, et, seul avec mon petit appareil photo d'amateur, je m'amusai comme un fou avec les jeux d'ombre et de lumière.
Mes photos étaient toujours en noir et blanc.
La Photographie, avec un grand P, elle était pour moi symbolisée par les plus grands : Robert Doisneau, Henri Cartier Bresson, Jean Loup Sieff... Tous étaient adonnés au noir et blanc ; alors je ne me voyais pas faire autrement. Et puis aussi, l'absence de couleur donnait comme de la gravité à une image, un côté nostalgique.
Et un adolescent de dix sept ans qui est chargé de nostalgie, je trouve cela très drôle.

Je restai quelques instants devant le Sacré Coeur, après avoir pris de nombreux clichés. M'asseyant sur les marches, je regardais mes ½uvres avec un sourire amusé. J'aimais bien mon côté amateurisme raté.
Après avoir rangé l'appareil photo, je me levai et me mis en marche, sans destination exacte.

[...]

Accoudé à une rambarde d'escalier, admirant ma vue imprenable sur la capitale, je n'entendis pas d'abord ce léger bruit, ce bruit qui s'amplifiait au fur et à mesure qu'il s'approchait de moi.
Je tournai la tête et cru apercevoir une silhouette.
Elle chantait, d'une voix grave et douce. Homme ou femme ? J'étais trop loin pour m'en assurer.

Jusqu'au moment où je reconnu l'air, une chanson des Libertines. Mais cette personne avait presque le même timbre que Pete Doherty, avec un accent anglais irréprochable.
Une légère rafale de vent souffla, et je perdis ma mystérieuse silhouette de vue.

- ... ♪ Shoop shoop, shoop de-lang de-lang ♪♪...


Je me retournai lentement.

- Oh, sorry ! Do you have a lighter, please ?

*

Suspenceeeee... maintenant, plus d'excuses pour ne pas laisser de commentaires, il y a une intrigue =D.

# Enviado el miércoles 18 de junio de 2008 09:21

Modificado el miércoles 08 de julio de 2009 06:41